Éditorial Gazette 83
Vacances

La définition du mot : vacances, vient de vacant, du latin vacans, participe passé du verbe vacare qui signifie lui-même être libre, inoccupé, vacant, oisif, avoir du temps libre.

L’adjectif vacuus signifie vide, inoccupé, libre, et vacuitas un espace vide ; l’absence de quelque chose, d’où d’ailleurs vacuité…

Les vacances devraient donc être un espace vide dans une vie de travail, une absence de charges, et la question devrait être : comment remplir ce vide, pour d’une part reprendre des forces car il est légitime de se reposer, mais aussi pour ne pas laisser ce temps «vide», vide de sens, vide d’expérience, d’enrichissement intellectuel, moral, de partage et de charité aussi…

Cependant aujourd’hui, force est de constater que les vacances prennent de nombreux sens différents, et que pour la majorité des gens, elles ne correspondent pratiquement plus qu’à une simple période de l’année, comme les saisons.

Tout change très vite dans notre société, quelle évolution phénoménale en quelques générations seulement, comment les jeunes d’aujourd’hui pourraient-ils comprendre ceux d’hier, dans cette société moderne qui est en train de scier la branche sur laquelle elle est assise, cette société qui rejette ses fondements, où les valeurs et les vertus n’ont plus court.

Le fameux «Fossé des générations» est profond, tellement profond.

Nos jeunes se cherchent, ils cherchent désespérément un ancrage, quelque chose de sûr, une base pour pouvoir bâtir dessus, pour pouvoir envisager l’avenir, le leur et celui de leurs enfants aussi.

Le martelage médiatique et idéologique, tel un véritable lavage de cerveau leur interdit de regarder en arrière, de chercher dans leurs racines, leur héritage, la solution à leur mal-être.     

On peut penser que notre société est malade, malade de dé-espérance, malade d’avoir perdu la raison, les psychanalystes sont les mages, les rois de notre époque.

Comment prendre aujourd’hui des «vacances bien méritées» quand on n’a pas de travail, quand le travail lui-même n’est plus une valeur de base de la société, et pourtant elles sont bienvenues ces vacances, elle sont nécessaires car si le travail n’est plus une valeur commune, le stress, lui est commun...

Véritable symptôme de notre maladie, le stress est partout dans notre société, tout le monde vous dira que tout va trop vite aujourd’hui, qu’on n’a plus le temps de rien faire.

Pourtant tout est plus rapide de nos jours, où est donc passé ce temps après lequel nous courons sans cesse, faisons-nous donc tellement plus de choses aujourd’hui qu’hier ?

L’homme moderne n’a compris qu’une seule chose, il n’a qu’une seule certitude, qu’une seule obsession que la science n’a pas encore su abolir : la vie a une fin et la vie est courte. Alors il n’a de cesse de profiter, il court toute la journée, toute l’année, toute sa vie pour trouver le bonheur, en fait il ne vit que pour se préserver des moments de plaisir, un maximum de plaisir, il a perdu de vue que le bonheur et le plaisir sont des notions bien différentes.

Nous vivons une époque où malheureusement pour la plupart des gens les vacances ne sont qu’un espace temps de plus pour pouvoir profiter, une époque qui recherche frénétiquement le bonheur, sans avenir et sans espérance.

Cela ne correspond sans doute pas à la nature de l’homme, car il est malade, il est stressé par cette folle course au bonheur qui n’aboutit qu’à thésauriser de fugaces instants de plaisir et une petite voie intérieure, son instinct de survie sans doute, lui commande de chercher autre chose, de trouver d’autres raisons de vivre.

L’espérance, voilà la réponse des chrétiens, voilà notre réponse, avec elle et un peu de Foi, tout est si simple, si évident. Le malin a su faire croire aux hommes qu’ils pouvaient tout savoir sur tout et l’homme ne comprend plus rien à rien.

Acceptons les mystères, faisons-les nôtres, et arrêtons de courir après des chimères.

C’est en comprenant que nous ne sommes que peu de chose et que sans Dieu nous ne sommes rien, que nous pouvons guérir.

Que la vie est belle avec une pincée d’espérance chrétienne, qu’elle vaut la peine d’être vécue !

Les vacances, dans notre époque, avec ce rythme de vie effréné où l’on n’a plus le temps de penser au sens même de notre vie, sont une occasion de faire le point, de se poser, de retrouver ceux que l’on aime, de se ressourcer, en famille, entre amis et d’analyser si sa vie est conforme à ses inspirations profondes.

C’est ce que nous vous souhaitons pour ces mois d’été, en vous proposant des articles sur l’école catholique, le jubilé, le saint suaire, l’opinion libre et l’opinion incorrecte, la custode, la visite de l’abbaye de Lagrasse, des articles sur l’Afrique, une évocation de la douce France de nos ancêtres, et bien d’autres articles auxquels nous vous proposons de réagir afin de nous aider à faire de votre Gazette un journal vivant où vous pouvez aussi vous exprimer...

Bonnes vacances, et on se retrouve à la rentrée !

Mic Junior

se retrouve à la rentrée !

Mic Junior